Day 5 – Jeep Safari

4 juillet 2015

** PAUL **

Après une nuit de princes, perchés dans notre fort, nous retrouvons nos deux butlers, celui à la moustache, et celui aux mauvaises dents, qui ne nous quittent pas d’une semelle depuis hier soir. Le petit-déjeuner est dressé juste devant notre chambre, dans un jardin intérieur, rempli d’énormes bougainvilliers en fleurs. Moustache et Chicos veulent absolument nous faire avaler des montagnes de fruits et de laitages. Mon estomac dit oui mais ma raison hurle l’inverse, de concert avec ma chère épouse qui est toujours de bon conseil. Huit toasts au Nutella plus tard (eh oui, ils ont du Nutella à Ramathra), nous voici embarqués sur une jeep antique mais bougrement efficace. La conduite du chauffeur est assez originale : sa tactique de franchissement est assez simple ; il vise le trou le plus profond ou la pierre la plus grosse, ferme les yeux et prie Ganesh pour que ça passe. Un quart d’heure à ce rythme et nous voilà coincés sur une grosse souche avec l’impossibilité d’avancer ou de reculer. Alexandra qui se contentait jusque-là de hurler à chaque chaos, commence à monter en température devant tant d’efficacité. Pour éviter l’incident diplomatique, je saute de la jeep et commence à prodiguer mes bons conseils et mes instructions à nos deux Indiens qui ont l’air de vouloir attendre que cela s’arrange tout seul. La jeep se dégage, je passe pour un héros auprès de ma douce et je conforte mon statut de maharaja auprès de nos deux accompagnateurs.

Le reste du safari n’est qu’une succession de paysages sublimes, de villages adorables, d’enfants magnifiques aux sourires désarmants. Nous arrivons à une sorte de jungle où nous nous enfonçons à pieds. Plus loin résonne les cris distingués des paons et le bruit rafraîchissant d’un cours d’eau. Nous arrivons dans un décor de cinéma : un petit temple sur le lit d’une rivière, des paons partout dans les arbres (comment font-ils pour voler ?). Les photos raconteront mieux que moi j’espère.

Notre guide nous fait signe de le suivre et nous voilà partis dans le sous-bois vers l’aval. Alexandra trouve cette idée moyennement à son goût ; je crois que c’est à cause des millions d’insectes qui grouillent et des nombreux gros lézards qui rôdent.

Nous voilà arrivés sur la fin du plateau où se trouve une cascade. Evidemment, le niveau de l’eau est très bas mais en pleine mousson, l’endroit doit ressembler aux chutes Victoria en petit.

Retour à l’hôtel. Après une belle sieste, nous voilà repartis pour un tour de barque sur le lac. Une fois le serpent d’eau enlevé de la barque, et le lézard venimeux écarté (« one bite, you die »), nous voilà partis sur l’immense lac qui sert de réserve d’eau pour toute la région. L’ambiance du soir est tellement apaisante : une fois notre rameur mis en pause, nous voilà dérivant tout doucement entre les nids de crocos. Alex adore, moi aussi.

Dîner à deux sur notre promontoire et dernière nuit loin de tout. Nous prions le million de dieux hindous pour qu’il ne pleuve pas pendant la nuit car, comme dit Ravi : « if rain, no road ».

 

** ALEXANDRA **

« Jeep Safari ». Ca fait rêver non ? Deux heures de cailloux et une souche d’arbre-qui-a-quasiment-arraché-le-dessous-de-la-voiture plus tard, nous voilà arrivés dans la jungle. Pas la petite jungle toute gentille avec des ours qui parlent et des panthères soupe-au-lait. Non. La vraie jungle avec des mille-pattes par milliers, des cavées de paons, des lézards belliqueux mortels (« it bites you, it kills you » = merci , je me sens super rassurée). La descente à pieds pour aller observer les paons était grandiose et la surprise à l’arrivée, de taille. Des chutes d’eau magnifiques et une végétation luxuriante, genre carte postale d’il y a deux cents ans. La classe à Ramathra. Les guides avaient même prévu la petite binouze qui te scie bien les pattes. Parfait ! Retour au fort avec Paul vanille-fraise des bras et moi me disant qu’Indiana Jones avait tout pigé en optant pour le chapeau de cowboy par tous les temps. Soleil, insectes, branchages relous, me voilà ! Repas et repos. A 17h30, promenade de deux heures en barque sur le lac Kalisil, limite scandinave de par ses bras d’eau et ses collines vert pétard coulant doucement dans ses profondeurs. Sublime coucher de soleil embrumé sur le fort dans le lointain, « soleil cou coupé ». Dîner toujours seuls au monde en haut de « notre » tour. Derniers cris des paons et des chacals au loin.

 

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