Day 9 – Jodhpur tour
** PAUL **
Je suspecte Swaroop, notre « butler » attitré, de se planquer pour nous guetter. A peine avons-nous mis notre nez dehors qu’il apparait, tout en Namasté, pour nous passer à la question et tenter de nous arracher un besoin ou une demande (que nous n’avons pas). J’ai passé l’âge de faire des commandes impossibles comme une bière avec des bulles qui descendent, un whisky sans alcool ou un œuf dur au plat donc nous passons notre temps à dire « no thanks, everything is perfect ».
Après le diner d’hier, nous arrivons pour le breakfast avec minuscule appétit ce qui jette les serveurs dans un abime de conjectures. Vu le buffet, on peut comprendre leur étonnement mais leur insistance à nous gaver comme des oies commence à entamer la patience de ma petite femme qui, comme chacun le sait, dispose d’un immense réservoir de patience mais d’un tout petit robinet pour l’utiliser. On a l’air de se moquer, comme ça, de nos amis Indiens mais pas du tout. Nous les adorons car ils sont adorables. Simplement, comme dit souvent mon papa qui est un homme avisé : « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».
Bref, nous voici en partance pour notre journée de visite avec notre guide local de langue Frandienne, Vicky. Un nickname un peu à la californienne pour un petit gars moustachu, tout ce qui a de plus masculin. Encore une fois, je laisse Alexandra faire l’article sur nos étapes du jour (elle a potassé le Gallimard). Sans surprise, nous sommes sur du Fort-tombeau-vielle ville. On notera simplement le plaisir qui a été le nôtre d’avoir avec nous de nombreux touristes indiens, dont des classes entières d’écoliers en uniforme, tout en sourires et en gentillesse. J’adore les indiens, particulièrement ceux qui viennent de la campagne !
La visite dans la vielle ville m’inquiétait un peu. Je me souviens de la réaction d’Alex à Old Delhi… Et bien non, pô du tout. Ma chère et tendre trottine devant moi, l’appareil de photo vissé à l’œil, toute heureuse et détendue, malgré les odeurs de marché indien qui alternent entre les épices et la m…, le jasmin et la viande avariée.
Après une bonne douche, nous avons rdv pour un massage à l’hôtel. Encore une fois, je passe les détails sur la qualité du Spa. Nos « therapists » sont deux tout petits bouts de femme toutes délicates. Je choisis « relaxing » dans le formulaire car je me souviens des massages « deep » indiens qui sont carrément sportifs. Quand je sens ma therapist débuter, j’ai l’impression de me faire piétiner par un un troupeau de chevaux. Cette fille-là doit faire de la muscul avec ses doigts…
En sortant du spa, en bon normand que je suis, je sens immédiatement la pluie à la lumière du ciel. Malgré les « maybe » des locaux, c’est sous une drachée monumentale que nous dinons. Un superbe spectacle.
** ALEXANDRA **
On avait eu le miel en mini-pots « Bonne-Maman » à Agra et la lune, pleine et translucide, au-dessus du lac Kalisil à Ramathra. Il ne manquait plus que l’Umaid Bhawan pour parfaire ce tableau de voyage fabuleux. Des papillons comme au premier jour et des étoiles, comme les soirs de faible pollution à Paris, dans les yeux, nous voilà prêts pour Jodhpur la Bleue. Bleue car, à l’origine, les Brahmans, caste number one en Inde, le nectar quoi, peignaient leurs maisons en bleu en l’honneur de Vishnu, tout bleu lui-aussi. Bon, en fait, le bleu, ça éloigne les moustiques et autres petits insectes tout mignons. Comme en Inde, rien ne s’écrase car ça pourrait être la réincarnation de ton grand-père ou de ton prof de maths de cinquième que t’aimait bien, bah, pof, on peint les baraques en bleu.
Après Viktor au double pouce gauche, Eri qui voulait qu’on s’assoit là et pas ailleurs en nous lançant un agressif « maintenant, j’explique », et Banwar le magnifique, voici notre nouveau guide Viky, diminutif à la Venice Beach car nom original imprononçable pour nos pauvres phonèmes européens.
Nous voilà partis à l’assaut du Fort de Mehrangarh, gros bijou du XVème siècle, qualifié par Rudyard Kipling de « construction de géants ». Rudement bien dit Rudyard. On surplombe la ville après une petite montée rapide en ascenseur, une première dans un fort J On devine l’Umaid Bhawan au loin, dans un nuage de brume qui crie « MOUSSSSSSSSON ». Puis visite des palais du fort, dont le point commun réside dans les « jalis », motifs ciselés dans la pierre, qui permettent de voir sans être vu. Pratique ! On croise des enfants, toujours aussi souriants et lumineux, et des femmes « de la campagne » comme dit notre guide, drapées de voiles acidulés et parées de bijoux qui font du bruit. Quelques photos et poignées de mains, et la magie opère.
Bien claqués par les deux heures de visite tout là-haut sous un soleil de plomb (35°, ressentis 58°), notre guide nous entraîne à Jaswant Thada. Ce monument abrite le cénotaphe de Jaswant Singh II, un brave gars qui vécut entre 1873 et 1895. Un lieu assez unique, un peu posé là comme un gâteau en pâte à sucre. On en redemande.
Viky nous annonce que, malgré nos trois heures de visite thermostat 8, Jodhpur nous attend. On file alors se balader dans le plus populaire bazar de la ville : le bazar de la Tour de l’Horloge. Se succèdent les couleurs, les sourires, les odeurs de friture et d’encens, les câbles qui traînent, les klaxons des cyclos, les cris des marchands, les pas pressés des gens… Une fourmilière bien huilée, où l’on redoute un carambolage humain/machine qui, heureusement, n’arrive jamais, ô miracle. On mitraille au Lumix, on regarde partout ; je serre la main de Paul et ne sursaute qu’à un coup de klaxon sur trois… PROOOOOGREEEEEEEES !
Retour à l’hôtel après cinq heures à crapahuter, pour une après-midi relaxation. Sieste, blog, lecture, sieste… et à 17 heures, spa, nous voilà ! Ce spa, on l’a appris sur le moment, a reçu un « award » des spas mondiaux. Oui, ça existe. Et j’espère qu’il l’a mis sur sa cheminée parce que, faut bien le dire, il se le mérite son petit trophée. OUAAAAHOUUUUU ! Salon de massage pour deux, et c’est parti pour une heure d’huiles multiples (pas toujours essentielles) et de serviettes chaudes sur les mollets. Collier de fleurs de jasmin en prime, un plouf dans la pistoche et une bouteille de champagne offerte par la maison… on n’est pas mal ! Notre butler Swaroop n’est jamais très loin et vérifie toutes les cinq minutes que tout va bien. Un brin flippant. Mais, comme dirait Paul, « si tu veux pas de marbre dans ta salle de bain, tu vas pas dans un palace ». 😉
Le soir, on décide de dîner dehors car Paul, qui a le nez creux niveau météo, sent la pluie et veut être aux premières loges. Les serveurs ont l’air sceptique quant à l’imminente mousson et, en mecs du pays, donnent une estimation vague de « in a few hours ». Mouais… Trente minutes plus tard, l’équivalent des grandes eux de Versailles nous arrivent pile dessus… C’est beau et très impressionnant : la mousson est enfin là ! Apparemment, on est « lucky » car Jodhpur est réputée pour sa carte d’abonnement annuelle à l’aridité. C’est donc abrités, sur la terrasse princière, que s’achève notre journée… Encore des centaines d’images plein la tête et des paillettes sur les yeux.
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Un commentaire
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Même la misère à un air de beauté…..
❤️